Résumé: Dans un contexte marqué par la crise climatique, la révolution de l'intelligence numérique portée par l'intelligence artificielle, la transformation des structures sociales et la normalisation des risques globaux, le paradigme moderniste classique de la planification, organisé autour de la séquence « prévision-zonage-contrôle », entre en décalage systémique. Il réduit la vie urbaine à ses manifestations matérielles et spatiales, affaiblit la subjectivité et la socialité des habitants, dissocie la ville de l'écosystème, néglige les dynamiques endogènes ainsi que la répartition des droits et responsabilités, manque d'un appui quantitatif massif et intelligent à l'échelle fine, et privilégie souvent la construction au détriment de l'exploitation et de la maintenance. Il peine dès lors à garantir la santé et la prospérité durables des villes. Face à cette « crise de paradigme », cet article propose et explicite le concept de « nouvelle planification » : considérer l'espace national et urbain comme un système socio-écologique- technique fortement couplé ; prendre la valeur collaborative plurielle comme ancrage ; adopter le processus adaptatif comme logique fondamentale ; faire de l'intelligence des données et de la gouvernance multipartite les principaux supports ; et construire un mécanisme de gouvernance en boucle fermée « perception-analyse-réponse-apprentissage ». Il s'agit de faire passer la planification du plan statique à l'orientation dynamique, du dessin technique au protocole d'action et à la boîte à outils institutionnelle, et de la production ponctuelle à l'exploitation continue et à l'apprentissage institutionnalisé. L'article précise en outre les frontières conceptuelles, le système méthodologique et les voies pratiques de cette nouvelle planification, afin d'offrir une méthode paradigmatique pour la planification spatiale nationale, la planification détaillée et la régénération urbaine.
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