Résumé : Depuis 40 ans, les zones de développement en Chine agissent comme des leviers fondamentaux de l'industrialisation et de l'urbanisation, tout en constituant des espaces politiques dédiés à la circulation mondiale des capitaux, à la coordination régionale et à l'innovation institutionnelle. Bien que leur transformation exhibe des dynamiques complexes de production spatiale, la recherche existante, largement tributaire de modèles théoriques occidentaux, peine à appréhender les mécanismes singuliers propres au contexte chinois. En s'appuyant sur la théorie de la production de l'espace et le modèle des trois circuits du capital, cette étude analyse les caractéristiques, les facteurs déterminants et les trajectoires évolutives de ces zones. Il apparaît qu'au fil des étapes de développement, la production spatiale y est régie par une imbrication des pouvoirs étatiques, une circulation du capital et une restructuration spatiale, sous l'influence tripartite des acteurs des pratiques spatiales, des mobiles de circulation du capital et des modes d'interaction ville-zone. Sur cette base, l'étude synthétise un modèle d'évolution « par étapes et par phases », justifiant la priorité accordée à la production sur la consommation et précisant le rôle de l'État — tour à tour participant, gestionnaire et prestataire de services — dans la conception institutionnelle et les pratiques spatiales. Ce travail offre un fondement théorique à la compréhension de la production spatiale dirigée par l'État, tout en apportant des éclairages sur la gouvernance urbaine et la transformation des zones de développement dans la nouvelle ère.
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